Tiptopf, mousses (e)au chocolat et les livres de cuisine classiques jusqu’aux révolutionnaires!

LE livre de cuisine: Tiptopf

tiptopf klein
Mon Tiptopf – ni stylé ni attirant mais toujours fiable.

Tiptopf est LE livre livre standard pour l’enseignement ménager dans les écoles en Suisse, le matérial pédagogique le plus vendu dont existent plus de deux millions exemplaires à ce jour.

Si vous êtes francophone vous ne le reconnaissez probablement pas – mais si je dis Croqu’menus ça évoque des souvenirs chez vous aussi?

croqu'menus
Croqu’menus – nouvelle version.

En fait je ne sais pas si c’est pareil dans la Romandie et peu importe dans quel maison on entre – tout le monde possède ce fameux livre. Ce n’est pas étonnant: Sur 8,3 Millions d’habitants qui vivent en Suisse – si 2 millions entre eux possèdent le Tiptopf / Croqu’menus / Cosa bolla in pentola (la version italienne) ça fait un sur quatre personnes; quasiment un par ménage.

Pour être franche: Ce n’est pas exactement beau, il n’y a pas de chichi et c’est très droite. (On se rappelle l’origine Suisse Allemande). Néanmoins c’est toujours mon fiable livre «to go» pour tout sorte de recette de base, ainsi il a plein des tâches de sauce, des petites mots notées au bord, des pages effrangées par l’utilisation fréquente, et des post-it pour retrouver les recettes et tours de main les plus utilisés et chéris.

Et je trouve c’est exactement comme ça qu’un livre de cuisine qui est fonctionnel et une aide-à-coup-sûr doit avoir l’air.

 

La mousse au chocolat (première édition)

Pour la toute première mousse au chocolat que je préparais moi même et sans aide de qui que se soit (donc j’en étais hyper fière) j’utilisais la recette du fameux Tiptopf.

Alors comment faire une mousse au chocolat selon Tiptopf?

schoggimousse rezept tip topf
Recette de Mousse au Chocolat de Tiptopf.
  • 2 jaunes d’oeuf fraîches
  • 1 cuillère à soupe de sucre

Faire mousser

  • 100g chocolat noir faire fondre (à l’eau), ajouter
  • 2 blancs d’oeuf fouettés en neige
  • 2dl crème fouettée
tiptopf schokolade schmelzen
Tiptopf: Faire fondre le chocolat en versant de l’eau chaude sur le chocolat cassé en morceaux. Attendre quelques minutes et égoutter le chocolat prudemment.

Mélanger prudemment les blancs d’oeuf et la crème fouettée avec l’appareil précédent.

Ca marche à chaque coup. Même si on mélange – comme proposé par Tiptopf – le chocolat avec l’eau. Ce qu’il ne faudra jamais, jamais faire en chocolaterie, parce que l’eau épaissit le chocolat et lui donne une texture granuleux et peu agréable en bouche. C’est du fait que le chocolat contient beaucoup de matière grasse du beurre de cacao – contrairement à l’eau. (Nous connaissons tout ce qui se passe si on verse de l’huile dans l’eau – ça se sépare. C’est pareil avec le chocolat et l’eau.)

C’était la première règle en chocolaterie que j’apprenais – l’eau et la farine sont les ennemis jurés du chocolat. Il faut peut-être ajouter qu’on parle des bonbons de chocolat et pas de la pâtisserie.

 

Manque de place…

Il ne faut pas comprendre mal: J›ADORE les livres de cuisine (surtout pâtisserie et chocolaterie) de dernier cri: beaux, stylés et artistiques!

Ma mère, mon frère et moi nous sommes de vrais collecteurs des livres de cuisine. Franchement, nous en avons des tonnes. Si j’étais raisonnable, je me dirais que je pourrais trouver toutes les recettes que je pourrais jamais espérer essayer sur la toile. Mais je ne peux pas m’empêcher à en acheter des nouveaux régulièrement. Peut-être parce que j’adore à toucher les feuilles, sauter d’une recette à l’autre et admirer les beaux photographies. Peu importe la raison – c’est clair et net que je craque bien trop souvent. Je ne sais même plus ou les mettre.

Je crois je devrais m’en acheter une étagère que pour ça. (Comme je viens d’emmenager avec ma soeur et m’installer avec des meubles et tout, c’est même possible que je le fasse bientôt.)

 

LES livre de cuisine classiques…

J’ai quelques peu livres anciens du 19ème siècle (pas les originals! Il ne faut pas rêver quand même, ces classiques coûtent souvent plusieurs milles de francs…), c’est aussi intéressant au niveau historique – et même si j’ai abandonné la voie de devenir une historienne, ça m’interpelle et me fascine toujours beaucoup.

L'Art de la Cuisine Française - A. Carême
L’Art de la Cuisine Française par Antonin Carême. Version originale. Publié en ligne de Gallica.

Par exemple «L’Art de la Cuisine Française» d›Antonin Carême – qui est un des fondateurs de la pâtisserie française. Mince, j’ai oublié pour un instant que vous êtes francophones, donc vous le savez certainement. Moi ça ne fait que quand je commencais à comprendre les bases du Français et donc avoir accès à ce genre d’information.

C’est quand même dingue tout ce qu’il arrivait à faire sans nos batteurs électroniques, sans additifs et surtout sans réfrigérateur ou congélateur! C’est le genre fait-maison, bio et je ne sais quoi dont on n’est plus capable aujourd’hui. Fin, moi je ne le sais pas. (Et j’ai même grandi sur une ferme ou ma mère faisait du pain de notre propre blé et froment dans des géantes bacs à laver dans un four à bois.) Mais justement pour ça c’est hyper intéressant à lire et à découvrir.

Souvent les chefs et rechercheurs autour de la gastronomie d’aujourd’hui se sont donné la tâche de trouver comment les choses en cuisine fonctionnent exactement au niveau téchnique (donc utilisant la science, chimie, biologie et physique). Puisque auparavent on faisait les choses sans vraiment comprendre qu’est-ce qui se passe – et avait souvent des résultats inconsistants sans savoir pourquoi. Moi aussi je trouve très intéressant comment ils découvrent et expliquent de plus en plus les comment et pourquoi et je suis sûre que ça aide à professionnaliser encore plus les métiers de bouche.

carême cuisine française mon exemplaire
Mon propre exemplaire de l’Art de la Cuisine Française.

Néanmoins: Est-ce que ce n’est pas beau et formidable que les gens d’antan arrivaient à faire des choses incroyables avec leurs propres théories et façons à faire (d’un point de vue d’aujourd’hui dépassées) et quand même avoir un résultat stupéfiant? J’imagine que c’est pour ça aussi qu’on a toujours autant de respect et de regard vis-à-vis ces anciens maîtres. En plus il y a toujours tellement des choses qu’on n’arrive pas à expliquer scientifiquement – on sait juste qu’en le faisant de telle et telle façon «ca marche».

 

La grande recherche du «Pâtissier Royal Parisien»

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Finalement trouvé! Le Pâtissier Royal Parisien de Carême!

Je me rappelle que je cherchais partout l’oevre de Carême «Le Pâtissier Royal Parisien». Je passais des heures et des heures devant l’ordinateur, j’ai même fait appel à un de mes anciens professeurs de l’université qui était un expert dans la matière et enseigneait un séminaire sur le sujet de «Manger et Boire». Il me souhaitait plein de courage et de chance puisqu’il confirmait que ça lui semblait presque impossible

En fait l’original du «Pâtissier Royal Parisien» est un des livres de cuisine le plus recherché et cher du monde – et des réimpressions sont (curieusement) très rares. Je cherchais et cherchais et je n’arrivais pas à en trouver (sauf un original en mauvais état autour de 1000 euros). En plus il consiste de deux tomes!

carême crème au chocolat petit
Extrait du Pâtissier Royal Parisien.

Après plusieurs mois (oui, je peux être un peu obsédée par ce genre de chose…) complètement surprise et par chance je trouvais une réimpression du premier tome sur Ebay. Et parce que j’en voulais faire un cadeau à quelqu’un, j’ai scanné toutes les pages, une après l’autre pendant des nuits entières jusqu’au moment ou j’avais une version numerisé de tout le livre à garder pour moi.

dessin de carême
Dessin des Entremets et Douceurs d’Antonin Carême.

Mais évidemment – un fois commencé – je ne pouvais pas m’arrêter. Après tout, je ne connaissais pas le contenu du premier tome et un travail inachevé m’embette à fond.

Finalement, après encore plus des semaines desespérées passés sur la toile avec des yeux devenant de plus en plus quadrangulaires – je trouvais enfin une version en-ligne sur la site de la Bibliothèque de Californie aux Etats-Unis. On pouvait télécharger maximale que cinq pages à la fois – ça m’a donc pris des heures et des heures pendant plusieures semaines à télécharger l’intégralité vers mon ordinateur. Mais à la fin j’étais fière maîtresse d’un des livres de pâtisserie les plus renommés et rares du monde.

A noter: Carême fond son chocolat avec de l’eau – même bouillante…

 

Réunion de Carême, Escoffier, Brillat-Savarin et tant d’autres…

signature escoffier
Signature d’Escoffier.

Aujourd’hui, c’est à deux pas – même pas. Au lieu de télécharger une page à la fois, les nommer un après l’autre minitieusement et les assembler à la fin, tu cliques sur «Télécharger PDF» et voilà quelques secondes plus tard, on retrouve l’intégralité du livre sur l’ordinateur. Deux mini – clics.

Le premier instant, je suis restée bouche-bée de ce qui était possible là – facilement sans aucun investissement de temps ou des nerfs. Si je n’étais pas toujours si impatiente… J’aurais donc juste dû attendre quelques années…!

Mais j’ai quand même une mémoire assez tendre vis-à-vis de ces heures devant l’ordinateur ayant l’impression de faire quelque chose de grandiose.

carême computer
Assembler le Pâtissier Royal Parisien petit à petit…

L’idée me fait sourire aujourd’hui dans la façon qu’on pense à ces premiers amours: qu’est-ce que j’étais jeune et plein de bonne volonté, des idées et de passion (même de rendre un service à l’humanité comme je conservais ce livre de l’oubli).

 

En général c’est devenue de plus en plus facile à accéder aux livres (et aussi images, cartes etc.) anciens.

Escoffier Mousse Chocolat
Auguste Escoffier sur les Mousses dans le Guide de Culinaire – aide-mémoire de cuisine pratique.

Les Bibliothèques numérisent leurs archives et nous avons accès à tout sorte d’information. En plus on peut rechercher un mot dans le document. C’est merveilleux! Toutes les oeuvres qu’on peut y trouver…

Grâce à des projets comme Gallica (de la Bibliothèque Nationale de France) Antonin Carême, Auguste Escoffier, Jean-Anthèlme Brillant-Savarin n’auront désormais plus aucun secret pour vous.

Et il y en a des projets similaires dans toutes les langues (p.ex. SLUB en allemand) – alors allez-y et retrouvez les patrimoines culturelles du monde entier – des ouvres littéraires, d’art, de la poesie, les lettres, les histoires, les sources, les cartes géographiques et postales, les encyclopédies, les traités, les lois, les livres scolaires, les théories scientifiques d’antan, les fables, les contes de fées, les notes, les déclarations de guerre et les traités de paix, les dessins, les images, les photographies et évidemment les livres de cuisine.

 

Mousse au chocolat selon Frédéric Bau

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Qu’est-ce qu’une Mousse au Chocolat?

Frédéric Bau est le directeur de l›Ecole du Grand Chocolat de Valrhona et j’ai la chance de posséder son beau livre Au Coeur des Saveurs. (En fait je viens de me rendre compte à cet instant que – assez fabuleux – je l’ai reçu de la personne auquel j’ai donné la réimpression de Carême… What goes around comes around.)

Il dédie même plusieurs pages au sujet du mousse au chocolat. C’est très instructif et on apprend plein des choses sur les ingrédients et sur les manières différents de faire une mousse au chocolat. Comment la mousse fonctionne et que malgré qu’une mousse au chocolat contient presque toujours les mêmes ingrédients, les differents manières de faire changent la texture et le goût – et réponde aux questions pourquoi c’est ainsi. Les raisons de faire quelque chose de cette manière là (en théorie et en pratique) et quel est l’effet si on le fait d’une autre façon.

frédéric bau mousse au chocolat
Au Coeur des Saveurs – Savoir Téchniques sur la Mousse au Chocolat.

Il décrit les cinq préparations de base pour faire une mousse au chocolat les plus communs:

  • Pâte à Bombe
  • Crème Anglaise
  • Chantilly
  • «Crues» au blanc d’oeuf
  • Bavaroise

J’interprète donc que la mousse au chocolat du Tiptopf est une «Mousse Crue» (puisqu’on ne chauffe ou cuit pas les blancs d’oeuf).

Dans la pâtisserie professionnelle d’aujourd’hui, on n’utilise guère (ou même pas) des oeufs crues puisque les régulations en matière d’hygiène alimentaire sont très strictes. Si on utilse des oeufs fraîches on doit les cuire ou on peut également acheter des oeufs déjà pasteurisées (j’aimerais bien savoir comment ça marche sans qu’il coagulent, mais c’est pour une autre fois.)

Comme le Tiptopf est une livre pour les ménages il n’y a pas de problème parce que normalement on mange la mousse le même jour ou – même s’il arrivait quelque chose – il n’y a pas une grande nombre des gens affectées.

De ce que j’ai vu, à part dans les ménages, on n’utilise quasiment jamais les blancs d’oeuf comme dans la recette du Tiptopf. Des fois dans la forme d’une Meringue Italienne ou Suisse, mais là aussi les oeufs sont chauffées. Ca ne semble donc pas être une bonne recette pour faire des mousses en grande quantité.

Et (évidemment) je n’ai jamais vu non plus un professionnel fondre son chocolat avec de l’eau chaude. Mais aucune règle sans exception…

 

La Mousse Eau Chocolat de Hervé This

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Hervé This en plein action!

Hervé This(-Benckhard) est un physico-chimiciste français et en même temps un cuisinier passionné. Entre outre il fait partie des fondateurs de la Cuisine Moléculaire. (Il est d’ailleurs très actif sur Twitter.) Il a écrit beaucoup des livres sur la science de cuisine dans la cuisine moléculaire dont Les Secrets de la Casserole (et pour la plus grande partie c’est même compréhensive pour moi qui n’est pas un génie de physique ou chimie).

Néanmoins la recette pour sa mousse au chocolat je l’ai trouvé quelque part sur internet (malheureusement je ne me rappelle pas où). Il a découvert qu’on pouvait très bien faire une mousse au chocolat en mélangeant le chocolat avec de l’eau! Justement c’était ce qu’il ne fallait pas faire – ou peut-être quand même?

En fait, c’est vraiment génial parce que c’est même une recette de mousse au chocolat qui ne contient QUE de l’eau et du chocolat, du coup on n’a que deux ingrédients. En plus c’est préparé en quelques minutes. Parfait si tout d’un coup on a des hôtes inattendus, un réfrigérateur vide et peu de temps.

Alors voici la recette (si jamais vous parliez allemand vous pouvez la trouver tout au fond (oui!) de cet article en français):

  • 200g de couverture noir / chocolat (en petits morceaux)
  • 150g d’eau
  • 1kg des glaçons ou d’eau très froid

Chauffez l’eau (à environ 50°C, pas trop chaud pour ne pas brûler le chocolat) et le verser sur le chocolat, bien mélanger afin d’obtenir un liquide homogène. Puis mettre le mélange dans un bol sur les glaçons et fouetter avec un batteur jusqu’à l’obtention d’une mousse. Si jamais vous vous ratez et avec foutté trop, pas de problème, remettez le mélange sur le four, ajoutez une ou deux cuillères d’eau et recommencez le procès comme décrit ci-dessus.

hervé this mousse
Merveilleusement mise en scène par Amy Roth.

Mais pourquoi ça marche?! Comme mentionné dessus: Le chocolat contient beaucoup de matière grasse du beurre de cacao – contrairement à l’eau. En mélangeant de l’eau avec de l’huile ça se sépare tout de suite – c’est pareil avec le chocolat et l’eau.

Si on souhaite faire une émulsion (donc une mélange de graisse et de l’eau), on a besoin d’un émulsifiant qui empêche la graisse de se séparer de l’eau. La mayonnaise est l’exemple classique pour une émulsion.

Les jaunes d’oeuf par exemple contiennent des lécithines qui sont des émulsifiants (c’est la raison pour laquelle les jaunes d’oeuf font part des ingrédients nécessaires presque partout pour les mousses au chocolat), mais on le trouve également dans le soja ou le tournesol.

Beaucoup des couvertures / chocolats aujourd’hui contiennent des lécithines pour améliorer la texture et viscosité du produit. Ainsi un chocolat qui contient déjà du lécithine (et donc un émulsifiant) et n’a plus besoin d’un autre lécithine (comme un jaune d’oeuf) pour faire l’émulsion entre l’eau et le chocolat.

Du coup en achetant votre chocolat, il faut faire très attention au liste des ingrédients – s’il n’y a pas des lécithines dans le chocolat, ça ne fonctionnera pas. (J’ai fait l’expérimentation avec de la couverture de Felchlin qui ne contient pas de lécithine ajouté et ça ne marche pas.)

C’est aussi une mousse au chocolat vegan pour ceux qui s’y intéressent. Dans ce cas, on doit faire encore plus attention à la liste des ingrédients, parce que dans certains chocolats (souvent de mauvaise qualité car le beurre de cacao est cher) il y a des fois des produits laitiers (comme le beurre clarifié). Sur la liste des ingrédients d’un bon chocolat noir pur il faudra avoir que de la masse ou pâte de cacao, beurre de cacao, sucre et peut-être de lécithine.

Wow! La science est plaisante – si on comprend ce qui se passe – et il y a du chocolat avec!:-)

 

Pas d’eau ou plus d’eau!

Comme on a vu, peu d’eau dans le chocolat le rende granuleux et épais. Mais il semble que si on ajoute encore plus d’eau on peut rendre le chocolat lisse de nouveau! J’ai lu ça à Fooducation et j’ai hâte de l’essayer prochainement. Ils disent:

«If the chocolate has seized, there is really no way back to the original chocolate. However, if some more water is added, the grainy mass magically turns silky smooth again. What happens is that the emulsion inverts; whereas fat was the continuous phase in chocolate, now water is the continuous phase and the fat is distributed/»dissolved» in the water.»

Franchement, je ne comprends pas trop les raisons. Mais ce qui est important est le fait qu’on peut mélanger le chocolat avec l’eau dans un rapport de 5:1. (par exemple pour 100g de chocolat on le mélange avec environ 20g d’eau.)

 

Chocolats à l’eau

micheli poncioni by news
Fabrication artisanale de Micheli-Poncioni à Genève.

La première fois que j’ai goûté un chocolat à l’eau (un bonbon de chocolat!) était 2013 au Salon des Chocolatiers à Genève. Ils étaient presentés par par la chocolaterie Micheli-Poncioni. Il me disait avec des yeux brillants: «Tout le monde a dit qu’on ne peut jamais mélanger le chocolat et l’eau – mais je l’ai essayé et maintenant j’ai réussi!»

Dépuis je me demande comment les faire. Je l’ai essayé à plusieurs reprises au fil des années, mais jusqu’à là, je n’ai pas encore trouvé la bonne formule. Néanmoins, il y a de plus en plus de chocolatiers qui réussissent! Il semble que c’est surtout une tendance en Angleterre, mais comme l’exemple de Micheli-Poncioni montre, ça se répande également chez nous.

NOTE: J’ai reessayé de faire une ganache avec que de chocolat et d’eau et ça marche effectivement! Même avec de chocolat sans lécithine. Je l’ai fait plusieurs fois avec un chocolat d›Original Beans (66%; Beni Wild Harvest de Bolivie), et c’est vraiment très bon et très intense! Pour l’instant mon favori c’est de combiner cette ganache chocolat noir à l’eau avec une pâté de framboise. C’est excellent!

 

rococo chocolate box
WOW – regarde ce design!

Première Pionnière d’outre Manche – Chantal Coady

chantal coady
WOW! Quelle femme! Je me demande comment elle arrive à concilier toutes ces différentes choses!

Chantal Coady voulait révolutionner le monde du chocolat et a ouvert une boutique de luxe nommé Rococo Chocolates à Londres en 1983. Aujourd’hui, plus que 30 ans plus tard, elle tient plusieurs boutiques en Angleterre et Wales. Le plus que je lis sur elle, le plus je suis heureuse et excitée.

Malheureusement je dois avouer que je n’avais jamais entendue parler d’elle auparavent à ce recherche. Mais je continue à admirer son homepage et ses projets passionants autant que sa personnalité hors du commun.

Le saviez vous par exemple qu’elle importe du chocolat directement de Grenade de la Grenada Chocolate Company avec laquelle elle tient des rapports étroites, cordiales et personnelles? Elle est même une fermière du cacao! Vous imaginez? Ainsi elle ne peut pas uniquement assurer une qualité exceptionnelle du cacao (qui est transformé en couverture à Grenade!) mais aussi voir de près que les collaborateurs puissent travailler et vivre dans des excellents conditions.

Elle a aussi écrit trois livres dont: Rococo – Mastering the Art of Chocolate. Enter outre j’entends qu’il comprend des recettes avec des ganaches à l’eau! Je crois que ça va être le prochain sur ma (longue) liste des livres de chocolaterie…

 

De la chaise roulante aux chocolats exceptionnels

Damian Allsop est un des chocolatiers les plus innovativs et spectaculairs – entre outre connu pour ses ganaches à l’eau. J’ai beaucoup aimé cet article de Lucy Cavandish du journal du Royaume Uni The Guardian.

Anglais d’origine il travaillait dans des grandes cuisines françaises, anglaises mais aussi espagnoles. Quand il allait à Catalogne il faisait connaissance de sa future femme Anne qui selon lui mangeait des trucs bizarres ensemble – mais c’était à chaque fois délicieux. Il dit d’avoir été fasciné et impressionné par le travail de Ferran Adrià au restaurant El Bulli. En particulier, parce qu’il voulait vraiment comprendre ce qui se passait avec les ingrédients, trouver des nouvelles textures et des nouveaux goûts.

damian allsop
Damian Allsop sur Cookbooth.

Et voilà ce qui m’a touché et inspiré le plus:

«It was about this time that Allsop started thinking about chocolate. ‹I got this idea of the water. The science was there, but could I do it? Could I take everything I had learnt and rewrite it all?› The answer came when, after forgetting his keys, he tried to climb up the side of a two-storey building and fell from a drainpipe. ‹I broke my feet,› he says. ‹I ruptured my back.› He ended up spending six months in a wheelchair. ‹What else could I do but think?› he says. ‹It was good for me. I had been working so intensely, I had to stop.’»

Il est donc tombé du deuxième étage, s’est cassé les pieds et le dos et devait rester dans une chaise roulante pendant six mois – et au lieu de se plaindre et pleurer il a revolutionné le monde du chocolat et a developpé ses propres chocolats signatures!

WOW! J’aimerais bien avoir la même force d’esprit. Bon, il faudra probablement être un génie avec une compréhension acquise et developpée pendant beaucoup des années en plus avoir un talent incroyable et des idées extraordinaires – et une gestion du stress et des revers remarquables. Et surtout beaucoup beaucoup beaucoup de volonté et d’endurance!

Il y a quelques recettes de Allsop sur Cookbooth (une collection des recettes époustouflante!) J’aimerais bien partager le lien de son homepage, mais je n’en trouve plus rien – ce pour être franche m’inquiète. J’espère que rien ne lui est arrivé. Mais même avoir fait une recherche rapide (et certainement incomplète), je n’ai rien trouvé d’actuel.

 

Et sur ces beaux paroles…

Je n’ai pas trouvé Damian Allsop parce que je voulais trouver une histoire réconfortante ou inspirante autour du chocolat – mais juste parce que je recherchais des chocolatiers d’exception qui ont depassé les coûtumes et ont combiné le chocolat et l’eau. J’espère que son histoire m’apprend quelque chose.

Bon c’était la cinquième étage pour moi, et j’étais aussi dans une chaise roulante – juste pendant trois mois d’ailleurs. Mais probablement mes pieds et ma colonne vertébrale sont quand même un peu plus foutues. J’arrive – grincant des dents à fond – de rester debout pendant environ quatre heures derrière un buffet dans un petit café-bistro. Mais c’est un projet sociale et je travaille gratuitement du coup la pression n’est quasiment inexistant et l’après-midi il y a très peu des clients.

Quand même je suis reconnaissante de pouvoir au moins être debout (n’importe comment) et marcher (même si ça rappelle le sonneur de Nôtre Dame) – et aussi de servir des clients. Ca doit sembler con, mais la première fois que j’ai fait un cappuccino pour un client (avec un petit coeur de mousse de lait) j’ai failli de pleurer par émotion. J’étais là – ou presque – où mon coeur se trouve et où j’appartiens.

Pour être honnête j’aimerais bien que cette histoire m’apprend au lieu de quelque chose ceci: Probablement je ne suis ou deviens pas excellente dans aucune matière – mais peut-être je peux toujours devenir «juste assez bon» pour moi-même.

 

 

 

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To brie or not to brie – Abenteuer in Bordeaux Teil II

Le deuxième (Ap)part

Salut mes Poulets!

(Ich habe den Ausdruck in einem Frauenmagazin gelesen, habe es aber da eher als ‹Freund› (im Sinne von ‹petit ami› siehe unten…) interpretiert. Und Julien, ein Franzose, den ich in Australien kennengelernt hatte und vor ein paar Wochen besuchte, hat mir gesagt, dass er den Ausdruck auch für seine Kollegen verwendet. Ich bin also nicht wirklich sicher, was ‹poulet› jetzt genau bedeuten soll. Aber der Ausdruck hat sich in meine Gehirnwindungen eingebrannt, vermutlich weil er so lustig (und für mich irgendwie daneben) klingt! Also: )

Salut mes poulets!
Beim nochmaligen Durchlesen der folgenden Nachricht ist mir aufgefallen, dass sie wieder mal ziemlich lang ist. Vielleicht müsste ich mal Unterkapitel machen, dann könntet ihr die uninteressanten Teile einfach überspringen (Obwohl es die hier natürlich gar nicht gibt! Püh, ich und etwas Banales, gar Langweiliges schreiben!). Aber dann wären meine ganzen schönen Übergänge zur Sau. Und das wäre doch schade. Ausserdem wäre es ziemlich schwierig mit den ganzen Ausschweifungen und so. Aber ich mache trotzdem mal eine kurze Übersicht, was euch erwartet:

  1. Gedanken über Baguettes
  2. Kochen mit Couscous für Anfänger
  3. Flirtmethoden, die es zu vermeiden gilt; Wortspielereien und Busfahren mit einem Goldschmied (oder Flirtmethoden, die es zu vermeiden gilt Teil 2)
  4. Einmal Mairie und zurück
  5. Home Sweet Home
  6. Gib Gas! (Oder Strom)
  7. Es wird heiss!

Gedanken über Baguettes

So. Wie krank ist es eigentlich für eine Mail ein Inhaltsverzeichnis zu machen? Aber ich werde jetzt nicht darüber nachdenken, sonst werde ich hier nie mehr fertig. Also viel Spass beim Lesen.

Als modisches Accessoire trägt Madame oder Monsieur statt Seidenfoulard oder Gucci-Sonnenbrille in Bordeaux ein farblich auf den Lidschatten oder die Schnürsenkel abgestimmtes Baguette. Es gibt auch eine riesige Auswahl an unterschiedlichen Baguettes… natürlich klassisch mit Weissmehl, aber auch mit Kernen, Körnern, dunklem Mehl, biologisch hergestellt, mit Sojamehl, Haferkleie oder mit Nüssen und Rosinen… Dieses Gebäck gehört zum alltäglichen und selbstverständlichen Strassenbild hier. Um nicht sofort als Ausländerin aufzufallen, trage ich immer ganz stolz eins mit mir rum und fühle mich dabei sehr französisch. Schmeckt auch superlecker, so’n Baguette!:) So versuche ich mich allmählich an die französische Lebensart zu gewöhnen. Etwas anderes Kleines, was es in Frankreich immer gibt: Wenn ich ein Dokument oder einen Vertrag unterschreibe, muss ich unten immer selber (ganz wichtig: eigene Handschrift!) „lu et approuvé“ vermerken. Oder das bezahlen mit Cheques ist hier auch noch sehr bekannt. Ich musste mir auch ein Chequeheft zulegen, um die Miete bezahlen zu können. Das kommt mir ganz schön ‹Spanisch› vor, besonders weil ich mir Leute mit Cheques immer sehr reich (und amerikanisch) vorgestellt habe. Das trifft nicht unbedingt auf mich zu, auch wenn ich im Moment noch flüssig bin und Peanutbutter abgöttisch liebe (ich habe auch extra ein Kilo aus England importiert als ich Daniela besucht habe, weil das Zeug hier so teuer ist).

 

Kochen mit Couscous für Anfänger

In der Küche von dem Studentenheim hatte ich dann doch noch zweimal gekocht, als ich noch da wohnte. Beides Mal Couscous. Das war auch noch interessant, da ich das eigentlich noch nie gekocht (oder gegessen) habe. Schmeckt aber ziemlich gut und man braucht auch überhaupt nicht viele andere Dinge dazu, was mir gerade sehr entgegenkam. Naja, beim ersten Mal habe ich natürlich viel zu viel gekocht. Auf der Packungsanleitung stand 100 Gramm für ein Hauptgericht. Aber ich habe natürlich keine Küchenwaage dort, alleine der Gedanke daran ist absolut lächerlich. Dann habe ich es halt mit einer ziemlich grossen Tasse abgewogen.

Die Tasse hat mir Nicholas, ein Engländer aus der DEFLE Gruppe, nach seiner Abreise überlassen. Und seine Teebeutel noch dazu. Überhaupt war er SEHR englisch. Er hatte sogar ein Bügeleisen dabei, damit seine Hemden immer schön aussehen. Kommt wohl davon, wenn man mit dem Prinzen von Belgien und Monika Lewinsky im selben Seminar hockt… Nee, der Nicholas war echt ein lustiger Typ und er hatte diesen absolut hochkarätigen englischen Akzent, aber er war trotzdem nicht snobisch oder so. (Im Gegensatz zu einer Engländerin, die uns mal in einem Café angesprochen hat. Sagt die doch in allem Ernst zu uns: „I’m not posh, I took the bus once!“ …)

Auf jeden Fall stellt diese Tasse dort  mein mein einziges Küchenequipment dar, das wirklich mir gehörte. Da ich vorher Schwimmen war hatte ich grossen Hunger und kippte gleich zwei volle Tassen rein… Naja, schon eine Tasse voll Couscous-Körner ist ziemlich viel und zwei ist dann schon ein hartes Stück Arbeit. Das saugt sich ja dann voll, das hatte ich irgendwie nicht bedacht. Zumindest hat mich dieser faszinierende Vorgang des Aufquellens dann zu dem interessanten Gedanken inspiriert: Das Leben ist wie Couscous! Oder zumindest ich werde bald aussehen wie ein zubereitetes Couscous-Körnchen wenn ich nicht aufpasse mit den Mengen – und den vielen leckeren Baguettes. Naja, aber kneifen ging trotzdem nicht, das musste alles weg. (Ich frage mich gerade, ob man das statt mit Bouillon oder Wasser auch mit Milch machen kann. So Milch-Couscous. Stell ich mir jetzt noch cool vor. Werde ich dann mal versuchen. Eine weitere interessante kulinarische Kreation…)

Wie die ganz Scharfsinnigen (die dazu noch ein gutes Gedächtnis haben) unter euch vielleicht bemerkt haben, habe ich letztes Mal gelogen. Naja, ‹lügen› ist so ein hartes Wort, sagen wir geschwindelt. Und es war nur im Interesse des dramatischen Flusses meiner Erzählung, also zählt es eigentlich nicht. Aber die ganz Schlauen werden wohl korrekt gefolgert haben, dass, da ich Couscous gekocht habe, es wohl eine funktionsfähige Pfanne in der Küche gegeben haben muss. Also hier werde ich euch gestehen: Es hat nicht nur eine Pfanne, die ein Loch hat. Es hat zwei und sie haben auch (noch!) kein Loch. Naja, zumindest normalerweise hat es zwei. Aber als ich zum zweiten Mal Couscous gekocht habe, hatte irgendwer wohl die normale Pfanne ins Zimmer genommen, darum musste ich dann Couscous in der Bratpfanne machen. Ich war dann sehr experimentierfreudig und habe gedacht, wenn schon denn schon und ich versuchte das Couscous anzubraten. Das ging aber nicht, dafür wurde die Platte nicht heiss genug. Nur schon um das Wasser heiss zu machen dauerte es eine knappe Stunde (jetzt ohne zu übertreiben), aber ‹kochend heiss› kannst du glatt vergessen.

Einmal haben ein paar Unwissende und ich doch tatsächlich die Verrücktheit besessen, die zwei Herdplatten auf einmal anzustellen um uns beider Pfannen zu bedienen. Ganz blöder Fehler, da hatten wir dann nämlich Stromausfall im obersten Stock. Dann sind so Heinis von der Administration der Village 5 gekommen und haben die Sicherung wieder reingetan (wir konnten das nicht selber, weil der Schrank abgeschlossen ist). Wir mussten die nicht mal holen gehen oder anrufen, die kamen ganz von selbst und auch innerhalb von zehn Minuten, ich war echt beeindruckt.  Naja, das passiert hier scheinbar fast jeden Tag, also ist es auch nicht wirklich verwunderlich, dass sie sofort zur Stelle waren. Als sie fertig waren meinten sie, dass es jetzt wohl wieder gehen sollte und haben sich verabschiedet. Wir haben es dann nochmal versucht und dann ist der Strom natürlich nochmal ausgefallen. Die waren ganz schön sauer, dass die wieder herkommen mussten… sie haben uns dann den Drehknopf von der einen Platte weggenommen!:( Tja, dann gab’s halt wieder gefrorenes Yoghurt und was nach dem ganzen in der Stadt zur Schau Herumtragen vom Baguette noch übrig geblieben war.

colaunfall
*seufz* Lustig ist das Studentenleben, faria faria ho!

Eines schönen Abends hat auch jemand ne Coladose in meinem Fach des Kühlschrankes verstaut. War ne super Idee – wie wir ja alle schön brav in der Schule gelernt haben, hat Eis eine grössere Oberfläche als Wasser (oder sowas in der Art; falls euch diese allfälligen Fehler stören, bitte ich euch, mich nicht darauf hinzuweisen, denn es nützt genau so viel wie wenn ihr sie addiert und das Resultat mit dem Erdumfang geteilt durch das Gewicht eines schwangeren Blauwals multipliziert, nur nervt mich Letzteres weniger) – und die Sauerei am nächsten Morgen war beträchtlich. Also waren meine ganzen Lebensmittel mit Cola verseucht – und den Kühlschrank musste ich auch noch putzen. (Naja, das hat sicher nicht geschadet. Der war vermutlich seit 1997 nicht mehr so sauber.) Erdbeer-Cola Yoghurt ist schon nicht so jedermanns Sache, aber man muss dem Ganzen zu Gute halten, dass es zumindest Cola Zero war und ich wenigstens nicht viele Kalorien zu mir genommen habe. Also wirds ja vielleicht doch noch etwas länger dauern mit der Verwandlung in ein Riesen Couscous. Immer das Positive sehen! Mir als eingefleischtem Optimisten fällt sowas natürlich besonders leicht.

 

Mittlerweile bin ich in der neuen Wohnung und dank den Boxen auch Musik. Auch auf der Strasse kommt Musik immer gut. Je lauter, desto weniger ‹Mademoiselle›. Gut, ‹Mademoiselle› ist ja noch heilig. Zum Glück versteh› ich nicht alles. Möglicherweise fühle ich mich auch immer betroffen, weil ich nicht viel verstehe und eigentlich geht es gar nicht um mich. Manche Wörter … hmm … das sind  dann eigentlich gar keine Wörter, sondern eher Geräusche … sind wohl international. Aber manchmal frage ich mich schon, eben, ich weiss nicht, ob mir das hier einfach mehr auffällt, oder weil ich nicht an die Stadt gewöhnt bin oder was weiss ich … Zumindest meine ich, es passiert häufig, dass die Männer versuchen einen anzumachen.

Flirtmethoden, die es zu vermeiden gilt ; Wortspielereien und Busfahren mit einem Goldschmied (oder Flirtmethoden, die es zu vermeiden gilt Teil 2)

Vielleicht bin ich ja bescheuert. Aber ist das Ziel einer Anmache nicht ein Flirt, ein Kennenlernen, ein erstes Anbändeln, vielleicht auch einfach der Wunsch nach Sex mit dem anderen? Gut. Und wann in der gesamten Menschheitsgeschichte hat es schonmal funktioniert, dass frau sich nach einem Mann umdreht[, der (am besten mit ein paar Kumpels dasitzt und (zusammen mit ihnen)) irgendwelche unartikulierten Laute von sich gibt und höchstens noch ein ‹Mademoiselle, sexy, Mademoiselle› zu Stande bringt, wenn sie vorbeigeht], sich die Kleider vom Leib reisst und ihn zum sofortigen Geschlechtsverkehr auffordert? (Sorry, der Satz ist jetzt ziemlich lang, kompliziert und verschachtelt. Man muss ihn vielleicht mehrmals lesen um die eigentliche Genialität, die darin steckt, zu würdigen.) Obwohl ich das nicht wissenschaftlich belegen kann, bin ich sicher, dass der Prozentsatz der Frauen, die so reagieren, verschwindend klein bis nichtexistent ist. Die Geschichte wäre sogar zu banal für einen Porno. Wenn ich mir das so überlege, würde ich es eigentlich gerne mal testen. Ha! Die würden ein blödes Gesicht machen! Vielleicht kriegen sie sogar Angst! Aber wenn nicht, habe ich dann ein grösseres Problem. Naja, auf jeden Fall ist es doch merkwürdig, dass an einer Taktik festgehalten wird, die so ganz und gar ineffizient ist. Was mich dazu bringt zu vermuten, dass damit wahrscheinlich ein anderes Ziel verfolgt wird.

Aber was? Sex kommt nicht in Frage, das haben wir ja jetzt hoffentlich geklärt. Spass? Aber was daran ist lustig? In den meisten Fällen wird die Frau die Idioten wohl ignorieren. Vielleicht wird sie sich ärgern. Okay, Leute ärgern kann schon ganz witzig sein. Aber geht es nicht ein bisschen raffinierter? Ausserdem: Wenn ich die Wahl hätte, ob ich einen Typen der mir gefällt ärgern oder flachlegen könnte, würde ich wahrscheinlich Zweiteres wählen. Oder beides. Aber Ersteres lässt sich eher selten mit Letzterem verbinden. Oder nein, das stimmt nicht. Man muss nur die richtige Reihenfolge beachten, dann klappt das schon. Und ja, vielleicht ist das nicht dasselbe. Immerhin schaue ich dem Typen auch mal ins Gesicht, bevor es mir auch nur in den Sinn kommt, ihn anzusprechen. Wohingegen Männer scheinbar schon der Anblick eines Rocksaumes aus der Entfernung von einigen hundert Metern dazu veranlasst, mit ihrem Pfeifkonzert zu beginnen. Da können sie ja noch nicht mal wissen, ob das ein nettes Schulmädchen oder ein alter Schotte ist, der da langmarschiert. Vielleicht ist ihnen das ja auch schnuppe, aber wenn sie dann einen schwulen Schotten im Nacken haben, werde ich mich zur Abwechslung mal über sie lustig machen.

Einmal bin ich zur Post gegangen und da hat mich so ein Junge angesprochen und er hat mir seine Nummer gegeben. Dieses Mal habe ich dann gleich von Anfang an gesagt, dass ich keinen ‹petit ami› suche.

Da muss ich jetzt wieder einen Einschub machen. Die sagen doch tatsächlich ‹petit ami›. Das ist jetzt ein Ausdruck von dem ich immer überzeugt war, dass wir das einfach so in der Schule gelernt haben und kein Mensch das wirklich sagt. (Kein Mensch sagt zum Beispiel ‹bon marché› hier, die sagen immer ‹moins cher›. ‹Bon marché› ist zwar richtig, aber das ist wahrscheinlich wie ‹vergackeiern›. Das Wort existiert zwar, man kann sich auch was drunter vorstellen, aber benutzen würde man es trotzdem nie.) Naja, zumindest heisst es also wirklich ‹petit ami› für Freund (im Deutschen ist es ja irgendwie auch nicht so ganz eindeutig. Aber wenn man als Frau sagt, dass man einen Freund hat, gehen die meisten Leute wahrscheinlich schon davon aus, dass ‹der› Freund gemeint ist – und lassen einen hoffentlich in Ruhe. Ausser man sieht so aus, als hätte man nur einen einzigen Freund auf der Welt. Hmm, vielleicht hat das bei mir drum in Australien nie klappen wollen, wenn ich jeweils gesagt habe, ich hätte einen Freund… Langsam wird mir alles klar! Nee, so’n Scheiss, das war ja Englisch. Ich schweife schon wieder ab!). Also, in Frankreich ist’s laut meinem aktuellen Wissensstand entweder petit(e) ami(e) oder copain / copine, aber das ist dann auch nicht ganz eindeutig… Schwierig, diese ganzen Wortklaubereien… Aber schon noch interessant, finde ich. Hatte irgendwie den Gedanken: Je n’ai pas besoin d’un petit ami. J’ai besoin d’un grand ami! Was jetzt bitte nicht zweideutig verstanden werden sollte. (Nein, diesmal wirklich nicht!) Vielleicht wäre ‹J’ai besoin d’un bon ami.› besser, zumindest wäre das die Bedeutung, die ich dem Satz geben wollte. Aber dann wär’s nicht mehr lustig, weil’s dann keinen Sinn macht mit dem petit/grand respektive bon. Überlegt ihr euch eigentlich auch manchmal solches Zeug? Und ich nehme noch nicht mal Drogen!

Äh ja, mal wieder zurück zu dem Typen vor der Post. (Irgendwie laufen diese Geschichten immer genau gleich ab, nicht? Das erspart euch aber nicht eine weitere, ermüdende, langwierige Beschreibung aller Umstände und Gedanken meinerseits. Muahahaha!) Er hat dann gefragt, ob ich schon einen Freund (also petit ami! Dann hat sich der ganze Einschub über den Ausdruck wenigstens in meinen Augen gelohnt) habe und ich habe gelogen und ja gesagt… (Huch, mir fällt gerade auf, wieviel ich lüge! Wahnsinn! Und wir reden ja hier nur von dem, was mir bewusst ist – und was ich zugebe…) Und das war ihm dann egal, hat er behauptet. Während wir geredet haben, habe ich sogar versucht mir zu merken, wie er aussieht. Nicht, dass ich wieder dastehe wie ein Esel. Ich gebe mir also schon Mühe, wie ihr seht. Ja er hat dann gesagt, ich soll ihm unbedingt schreiben und wir trinken morgen was zusammen.

Am übernächsten Tag wollte ich dann ins Kino gehen mit Anne-Sophie einem Au-Pair von Österreich, die ich mal per Zufall getroffen hatte. Durch sie habe ich dann ein paar andere kennengelernt, vor allem Engländer und einen Franzosen, die Couchsurfing in Bordeaux machen. Die habe ich auch alle angeschrieben, ob sie mitkommen wollen. Naja, auf jeden Fall dachte ich mir, da kann der andere ja meinetwegen auch mitkommen und habe ihm ne SMS geschickt. Er hat dann aber nicht geantwortet und am Ende konnten nur Anna Sophie und ich ins Kino gehen. Nach dem Kino sind wir noch so ein  bisschen spaziert und haben geredet und plötzlich kommt der doch mit einem Kollegen von ihm an und fängt uns an zuzuschnorren…
Ah keine Ahnung, das war echt nervig, wir hatten gerade ne interessante Unterhaltung und bäh, war einfach mühsam. Ja und er hätte mich heute schonmal an der Bushaltestelle gesehen und sorry, dass er nicht zurückgeschrieben hätte und was weiss ich noch alles und ich solle mich unbedingt melden, er helfe mir dann beim Umziehen und … keine Ahnung. Ich fands irgendwie… beunruhigend. Wieso hat der mich schon an der Bushaltestelle gesehen? Wieso taucht er jetzt einfach auf? Und wieso willst du mir unbedingt mein Umziehen helfen? Keine Ahnung, war irgendwie blöd, so ne Mischung aus Unbehagen (verfolgst du mich oder was?) und Mitleid (du interessierst mich wirklich nicht!). Also er hat mir nicht wirklich Angst gemacht es war mehr so… er war irgendwie so anhänglich und … ‹bemüht›, aber das hat mich dann total genervt.
Wir wollten die auf jeden Fall einfach nur noch loswerden (das war ziemlich merkwürdig, wie wir uns auf Französisch mit denen (ein wenig gezwungen) unterhielten und auf Deutsch darüber debattiert haben, wie wir jetzt am besten die Fliege machen… Naja, wir haben dann gesagt, dass Anne-Sophie nach Hause muss, Kinder hüten und ich begleite sie (Ha, daran kann man ablesen, dass der mich überhaupt nicht kennt. Ich und jemanden begleiten um auf Kinder aufzupassen, was für eine absolut abartige Idee!).

Ja, ich habe schon ein bisschen ein schlechtes Gewissen. Noch ne Lüge. Ich weiss jetzt auch nicht, was ich machen soll, wenn der mich nochmal anruft oder schreibt. Ich glaube, beim ersten Mal nehme ich einfach nicht ab. Aber nachher muss ich vielleicht schonmal. Aber scheisse, was sagst du da? Äh, sorry, aber du nervst. Ich war noch müde, als ich dich kennengelernt habe und da ist mir entgangen, dass du eigentlich nicht sympathisch bist. Beim ersten Mal gings noch, aber nachher… Und dass der mich so unbedingt sehen und mir beim Umziehen (und wir reden hier von Kisten schleppen, also bitte!) helfen will… Hast du keine eigenen Kollegen?

Keine Ahnung, ich finde mich selbst ganz doof. So lerne ich ja nie jemanden kennen, ich bin ja eigentlich diejenige, die keine Kollegen hat hier (und der die Leute zutrauen, dass sie nur einen einzigen Freund hat, wie wir vorhin gesehen haben…)… Ich bin halt ein wenig schizophren. Nee schizoid heisst das. (Da hat sich die Therapie aber wirklich gelohnt, und wenn’s nur ist, dass ich jetzt diesen Unterschied machen kann!) Ich will zwar Leute kennenlernen, aber nicht die, die mich kennenlernen wollen. „Dä Hans im Schnäggäloch, dä isch mit mir verwandt…“ 
Was lerne ich denn jetzt aus dem ganzen Scheiss? Wie sagt man nett, aber bestimmt „Nein, kein Interesse!“? Ignorieren kann ich die Leute ja recht gut, wenn ich einfach rumlaufe, aber sobald du dich mal auf’n Gespräch eingelassen hast…und wenn’s nur darum geht, dass einem jemand erklärt, wo die nächste Bushaltestelle ist…

 

So passiert gestern. Ganz freundlich hat mich der mittelalterliche Herr sogar direkt dahin geführt. Und natürlich haben wir ein bisschen gesprochen. Er ist Goldschmied und Single. Aha, da fängts ja schon an. Und wenn ich Zeit habe können wir ja einen Café trinken. Ich lehne höflich ab (ich kann ja nicht so sein, immerhin habe ich ihn nach dem Weg gefragt und er hat ihn mir gezeigt.) Ich weiss nicht, wo genau das Problem liegt. Vielleicht bin ich einfach zu ’nett› (ich sehe, wie ihr lacht!). Aber mal ehrlich: Jemanden zu irgendwas einladen braucht ja doch ein bisschen Mut und wenn der andere einen dann runterputzt ist das ja echt fies und beide kommen sich ganz dreckig vor. Also bedient man sich mit vorsichtigen Ausreden, damit sich beide nicht zu genieren brauchen und sich ohne grössere Blessuren aus der Affäre ziehen können (zumindest finde ich, dass man das so macht. Das gehört zum guten Ton. Und wenn das von mir kommt, heisst das ja wahrscheinlich etwas, da ich glaube ich nicht gerade als besonders taktvoll bekannt bin…) Aber die Message sollte ja trotzdem klar sein. Wenn ich ja Lust hätte, aber keine Zeit würde ich einen anderen Termin vorschlagen oder so, nicht? Als endlich der Bus kam und ich mich schon erlöst verabschieden wollte, ist ihm zufälligerweise in den Sinn gekommen, dass er ja denselben Bus nehmen könnte… Eigentlich sollte man meinen, dass Männer auch ein gewisses Feingefühl besitzen was Absagen betrifft. Einen Satz wie „Du kannst mir Deine Telefonnummer schon geben, wenn du unbedingt willst, aber ich werde dich nicht anrufen.“ sollte man nicht mehrmals wiederholen müssen. (Na gut, ich weiss nicht, was ‹unbedingt› auf Französisch heisst, aber den Rest habe ich schon hingekriegt.). Nachdem wir beide bei meiner Bushaltestelle ausgestiegen sind und ich ‹unbedingt› einkaufen gehen musste, ist er dann endlich gegangen (nicht ohne mir noch ein letztes Mal seine Telefonnummer anzubieten). Die Ausrede war ziemlich blöd, weil ich eigentlich ganz dringend auf’s Klo gehen musste, aber nicht wollte, dass er mir bis nach Hause folgt. Und weil ich Angst hatte, dass er noch draussen rumstehen könnte, hat es dann auch eine halbe Stunde gedauert, bis ich mich endlich mit zusammengekniffenen Oberschenkeln für eine Sorte Mehl entschieden hatte (Vollkorn, Carrefour Discount für 1.33 Euro).

 

Einmal Mairie und zurück

Es gibt mehrere Informationszentren für Jugendliche in Bordeaux (CIJA). Ich war auch schon öfters da und habe mir die verschiedenen Ordner angesehen. In einem Ordner über Arbeit habe ich dann gelesen, dass ich mich, wenn ich hier arbeiten will, innerhalb von drei Monaten nach meiner Ankunft im Rathaus melden muss, um mich einzuschreiben. Um ganz sicher zu gehen habe ich noch eine Angestellte des Informationszentrum gefragt und die hat mir dann erklärt, wo die ‹mairie› oder das ‹hôtel de ville› (Ich habe immer gedacht, das sei ein Hotel! Und ich habe schon gedacht, es sei komisch, dass es überall gleich heisst, aber dann dachte ich, das sei halt so ne Tradition. Wie in der Schweiz wo jedes zweite Restaurant „Pöstli“ oder „Rose“ oder „Sterne“ heisst…) zu finden ist.

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Das «Hôtel de Ville»! Nicht zu verwechseln mit der «Mairie» und / oder der «Préfecture»! (Ich habe den Unterschied immer noch nicht begriffen…)

Ich bin dann dahingegangen und habe mich im Eingang geirrt und bin erstmal in ne Hochzeit reingestolpert, ich konnte gerade noch flüchten, bevor mich die Leute auch noch anfingen zu begrüssen und zu fragen, zu welchem Teil des Brautpaares ich denn gehöre… Naja, es hätte wohl gratis Cüpli gegeben, aber das mag ich ja eh nicht, also habe ich mich wieder rausgeschlichen.

Bei der Anmeldung habe ich dann versucht mein Anliegen zu erklären und ich habe gesagt, dass ich Erasmusstudentin sei, aber auch arbeiten möchte und gelesen habe, dass ich mich jetzt hier innerhalb von drei Monaten bei der mairie anmelden muss. Die Frau war etwas ungeduldig und hat gesagt, sie seien dafür nicht zuständig, es gäbe was anderes für Studenten und dann hat sie mir so einen Plan gezeichnet. Ich war etwas sauer, weil ich ihr versuchte zu erklären, dass ich gerade von diesem Informationszentrum käme und die mir gesagt hätten, ich müsse hierher. „Et maintenant?“ Da habe ich aufgegeben und gedacht, na gut, geh ich halt zurück und kopier mir die Seite raus, wo das gestanden hat. Aber ich habe dann gemerkt, dass sie gar nicht dieses Informationszentrum gemeint hat, sondern die ‹maire pour les jeunes›. War ich froh, dass meine mangelnden Sprachkenntnisse mich davor bewahrt haben, ein riesen Trara zu veranstalten, wie ich es wahrscheinlich sonst gemacht hätte… Nun ja, in dieser ‹mairie pour les jeunes› brachte ich dann mein Anliegen erneut vor.
Ich habe ja gesagt, ich käme ganz gut zurecht mit meinem Französisch. Äh ja, dachte ich zumindest. Was meine Französischkenntnisse betrifft, hängen diese offensichtlich stark von der jeweiligen Situation ab. Wenn die Leute mir etwas verkaufen (oder ihre Telefonnummer andrehen) wollen, spreche ich sehr gut Französisch. Sobald ich etwas von ihnen will, verstehen sie dann plötzlich nur noch Bahnhof.

Am Ende hatte die Frau (die war im Gegensatz zur anderen sehr nett) das Gefühl, ich wollte einen Job beim Bürgermeister… Es war zum Heulen, oder eher zum Lachen. Da hat sie mir lang und breit erklärt, dass das im Moment nicht geht, aber dass ich meinen Lebenslauf vorbeibringen kann und sie suchen erst im Oktober wieder Leute, vielleicht könnte ich ja für die Krippe oder als Putzfrau arbeiten, aber nur von 11:30 bis 14:00 (das hat sie lustigerweise etwa siebenmal wiederholt). Ich habe mehrfach angesetzt, um zu erklären, dass ich keine Arbeit bei ihnen suchte, schon gar nicht zum Kinderhüten, aber irgendwann habe ich aufgegeben, mir alles angehört, gelächelt und genickt und schliesslich konnte ich sogar gehen… Komisch, dass niemand kapiert hat, was ich wollte. Immerhin kann ich nicht der einzige und erste Ausländer sein, der in Bordeaux arbeiten möchte und sich deshalb bei der ‹mairie› anmelden muss…

An einem anderen Tag bin ich dann zurück zur CIJA und habe erklärt, dass ich auf der Mairie war und wie das jetzt ist. Da hat mir ein Herr erklärt, ich müsse nicht zur Mairie sondern zur Préfecture. Die habe ich dann gesucht und auch irgendwann gefunden. Sie war leider umgezogen und als ich dann bei der neuen Adresse angekommen war und mein Anliegen beim Empfang vorgebracht hatte, erfuhr ich, dass diese Abteilung bereits geschlossen war. Also noch ein neuer Versuch am nächsten Tag. Ich habe meine Schuhe verflucht, weil ich eine Stunde in der Schlange gestanden habe. Zum Glück hatte ich ein Buch dabei, um mir die Zeit zu vertreiben. Als ich dann endlich beim Schalter angekommen war, meint die Frau freundlich, ich müsse gar nichts machen, mein Arbeitgeber müsse mich dann bei einer Adresse (die sie mir dann doch notiert habe, weil ich darauf bestand) anmelden. Keine Ahnung, wie ’normale› Franzosen damit zurechtkommen. Ich habe ja Zeit und nichts anderes zu tun als in der Stadt rumzurennen, mich in ellenlange Schlangen zu stellen und nach Formularen zu fahnden, die ich dann eigentlich doch nicht brauche. Wie man das Ganze (kombiniert mit den unmöglichen Öffnungszeiten) in einen normalen Arbeitsablauf (womöglich noch mit Kindern) integrieren soll ist mir schleierhaft. Kennt ihr den Film ‹Asterix erobert Rom› in dem Asterix und Obelix in ein Irrenhaus gehen um den Passierschein A 38 zu holen? Es wundert mich gar nicht, dass die Autoren Franzosen sind / waren.

(Nachtrag aus dem Jahr 2015: Interessant ist auch, dass die Autoren von Asterix und Obelix Uderzo und Goscinny beide keine «ursprünglichen» Franzosen waren sondern aus (wie man es wohl heute ausdrücken würde) Familien mit Migrationshintergrund stammten. Dies schärft wohl den Blick auf die Gesellschaft mit deren spezifischen Macken und Funktionsweisen. Trotzdem immer wieder aufschlussreich, wie sehr «Ausländer» zur eigenen Identität und dem Selbstverständnis eines Staates – selbst derjenigen der GRANDE NATION  – beitragen, nicht wahr? Jetzt wünsche ich mir neben dem Nobelpreis für Literatur einen Preis für die Entwicklung eines der Wichtigkeit und Beliebtheit asterixwürdigen Comics… vor dem Preis müsste ich wohl noch so einen Comic erfinden, aber das ist in meinem Grössenwahn Nebensache.)

Ich freue mich schon darauf, der/die/das CAF zu beantragen. Das ist so ne Wohnngsfinanzierungshilfe für Studenten, auf die ich sehr wahrscheinlich Anspruch habe.

Home Sweet Home

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Strassenschild der Rue André-Dumercq 🙂

Mittlerweile bin ich in mein neues Heim gezogen. Die Adresse ist 8 rue André Dumercq, 33000 Bordeaux. Das sagt euch jetzt wahrscheinlich nichts. Würde mich auch eher wundern. Also es ist ganz in der Nähe vom ‹Place de la Victoire› (was euch jetzt wahrscheinlich auch nicht weiterbringt) und der ‹Rue St. Catherine›. Also wenn ich einmal umfalle bin ich praktisch in der Rue St. Catherine, was so nebenbei bemerkt, die längste Einkaufsstrasse in Europa ist. Nicht schlecht, was? Und – darüber muss ich nun wirklich lachen – gleich um die Ecke ist ein 2 Euro Laden. Zum Glück ist das eine Kette und es war nicht derselbe, in dem ich die Verkäufer genervt hatte. Sonst würde ich mich jetzt nicht mehr auf die Strasse trauen. Naja, keine Ahnung, es ist eine ziemlich interessante Erfahrung bisher. Zum ersten Mal im Leben könnte ich mir ne Pizza nach Hause bestellen – und sie würden es finden! Aber wieso was bestellen, wenn ich genausogut in fünf Minuten in der Pizzeria sitzen kann?

Ich lebe mich wirklich allmählich ein. Ich habe Kundenkarten von Auchan und Carrefour (so’ne Art die Äquivalenten zu Migros und Coop, wenn ich das richtig sehe) und akkumuliere fleissig ‹Superpunkte› oder was auch immer das sein soll. Was ich übrigens ganz erstaunlich finde – obwohl ich nicht sicher bin, ob das in der Schweiz vielleicht auch so ist und ich mich noch nie geachtet habe – die Produkte sind auch mit Blindenschrift versehen. Ich bin wirklich beeindruckt, das ist ja echt mal ne gute Sache! Ausserdem steht bei Lebensmittelwerbung auf Plakaten immer mit drauf, man solle am Tag mindestens 5 Früchte oder Gemüse essen und sich genug bewegen. Ein bisschen wie die tödlichen Warnungen auf Zigarettenpackungen. Ich wusste gar nicht, dass das in Frankreich auch so ein grosses Thema ist. Aber diesen Sommer gab es auch eine Aktion von der Mairie aus, die die Leute auffordern sollte, sich mehr zu bewegen: „Cet été: Bordeaux bouge!“ Ich habe mir jetzt auch wieder ein Fitnesscenter (klingt bescheuert, aber da kann ich sogar endlich mal fernsehen!) gesucht und ein gratis Velo beim ‹Maison du vélo› gemietet, damit sich die Sache mit dem Riesen Couscous (ja, das musste ich jetzt nochmal bringen) ein wenig verzögert. Also bin ich wirklich mehr oder weniger installiert.

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Tolles Puff!

Mein Appartement selber besteht eigentlich aus einem grossen Raum, einer Küche und einem Badezimmer. Angie, die mich eine Woche besucht hat, drückte es sehr treffend aus: «Es ist nicht hässlich, es ist einfach heruntergekommen!» Ab und zu laufen mir so kleine Viecher über den Weg, von denen ich behaupte, dass es Kakerlaken sein müssten, obwohl meine Kenntnisse der Insektologie (das Wort existiert vermutlich auch nicht) sehr beschränkt sind. Die Farbe blättert ein bisschen und der Vermieter hat auch ne interessante Vorstellung davon, was ‹möbliert› heisst. Es gibt zum Beispiel zwei Gestelle (von denen eins so wacklig ist, dass ich mich nur getraue es mit Papiertaschentüchern zu bestücken), nur einen Stuhl, dafür aber eine Plastikpflanze. Was ich damit soll, weiss ich nicht, aber wegwerfen kann ich das Inventar ja auch nicht. Ich habe sie jetzt einmal in den Gang gestellt, neben den Plastikbaum (von dem ich jetzt einfach mal frech annehme, dass er ebenfalls zu meiner Wohnung gehört). Man muss jedoch sagen, dass ich jetzt vor Flutwellen aus meinem Badezimmer gefeit bin – ich kann schon froh sein, wenn genug Wasser rauskommt, um meine Haare zu waschen. Dafür ist die Küche wirklich schön und gross und ich habe wieder Couscous gekocht und dieses Mal dauerte es nur etwa 10 Minuten. Nein, ist alles nicht so schlimm. Eigentlich ist es toll!

Leider habe ich schon eine ziemliche Unordnung, obwohl ich erst gerade eingezogen bin. Ich versuche mir einzureden, dass das genau daran liegt, dass ich gerade eingezogen bin. Aber wen will ich hier eigentlich vergackeiern? Das sieht in zwei Wochen bestimmt noch genauso aus – oder schlimmer, weil ich dann noch mehr Zeugs gekauft habe. Ich habe einfach ein bisschen ein Platzproblem. Da ich es gewohnt bin, so ziemlich alles und davon viel in irgendwelchen Estrichen, Bunkern oder im Stall gelagert zu haben, habe ich hier dummerweise dasselbe angefangen. Und als würde ich erwarten, dass bald der Krieg ausbricht, türmen sich die WC-Papier-Rollen im ‹Wohnzimmer› neben den 20 Packungen Dosenravioli und den fünf Ordnern, die gerade im Angebot waren. Das muss ich mir noch abgewöhnen, ich habe schlicht keinen Platz für Vorräte. Ausserdem ist es unnötig. Die Läden sind gleich um die Ecke und haben bis 9 Uhr Abends auf – und selbst wenn die Schweiz von der Uno aufgeteilt wird und das allgemeine Chaos ausbricht bin ich ja in Bordeaux erstmal sicher.

Diese Woche habe ich aber mal so richtig geputzt (zumindest teilweise sehr intensiv) und es hat mir sogar irgendwie Spass gemacht, obwohl die Dämpfe, die ich im Badezimmer produziert habe, mich beinahe umgebracht haben. Das ‹Wohn- und Schlafzimmer› hingegen ist abgesehen von dem Spiegel und dem Fenster immer noch in relativ dreckigem Zustand. Ein Staubsauger wäre keine schlechte Sache, aber erstens wäre das (sogar Occasion) ziemlich teuer und zweitens habe ich – wie bereits angedeutet – einfach keinen Platz für etwas, dass ich dann wahrscheinlich sowieso nicht oder höchstens alle Schaltjahre einmal benutze. Vielleicht kann ich ja mal meine Nachbarn fragen, ob sie mir ihren Staubsauger mal ausleihen, falls sie denn einen besitzen.

 

Gib Gas! (Oder Strom!)

Ich hoffe einfach, sie stellen mir den Strom und das Wasser nicht ab. (Mittlerweile ist es nämlich auch nicht mehr so schön und heiss hier. Dummerweise habe ich fast nur Kleider für warme Tage (gerade in Camden, London, mit Daniela habe ich mir noch drei wahnsinnig tolle Kleider gekauft. Nicht warm, aber schön. Aber eben, jetzt ist es nicht mehr so warm hier. Ich spiele sogar ernsthaft mit dem Gedanken, mir eine Bettdecke zuzulegen.) Der nette Herr von der Immobilienagentur hat mir gesagt, er ruft mich an und gibt mir die Nummer vom Elektrizitätswerk und ich muss dann irgendeine Nummer angeben, die er mir auch aufgeschrieben hat. Ich hoffe, ich kriege das hin. Sollte ich  eigentlich schon schaffen. Aber eben, am Schluss denken sie wieder, ich wolle eine Karriere als Elektromonteur beginnen…

Das hat sich mittlerweile auch geklärt. Ich habe nie mehr etwas von der Immobilienagentur gehört und darum bin ich dann mal vorbeigegangen und habe nachgefragt. Er war wirklich nett und hat sich entschuldigt, weil er mich vergessen hatte. (Ich hatte immer noch Strom und Wasser, darum war ich auch nicht böse.) Dafür hat er gesagt, er ruft gleich selber an. Nachdem er etwa fünf Minuten in der Warteschlaufe war, mussten wir dann einen anderen Termin abmachen, weil ich keinen Bankauszug dabei hatte (der offensichtlich benötigt wurde). Als ich dann am nächsten Tag mit meinem RIB (Relevé d’identité bancaire) zuückkam, versuchte er es noch einmal. Das war  recht lustig. Es dauerte 25 Minuten, bis die endlich kapiert haben, was er wollte und die mussten allen möglichen Firlefanz wissen. Also alleine hätte ich das nie geschafft. Das Schöne war jeweils sein Gesicht zu beobachten, während er sich über die verschiedenen Menschen am anderen Ende der Leitung aufgeregt hat. Zumindest wir beide haben uns gut amüsiert. Besonders als ich dann selber meinen RIB vorlesen sollte (alles andere konnte er regeln, aber das ist scheinbar irgendeine bescheuerte Vorschrift). Da musste mein Immobilienmakler so lachen, dass ich auch nicht mehr anders konnte. „Ich könnte ihnen ja irgendwen geben oder meine Stimme verstellen!“, antwortete er (vermutlich auf die Frage, was denn bitte so lustig sei). Das fand der andere vermutlich nicht so witzig, zumindest hat er mich dann gefragt, ob ich wirklich ‹ich› sei… Was natürlich extrem viel zu meiner Identifizierung beigetragen hat. Für den ganzen Stress habe ich der Agentur dann am nächsten Tag dafür eine Tafel Schokolade vorbeigebracht. Zum Glück hat mein Bruder mir, als er zu Besuch war, zwei Kilo Lindt Schoggi dagelassen. Eignet sich herrlich zum Einschleimen. Man könnte es zwar auch in Frankreich kaufen, aber die Originalverpackung für teures Geld aus der Schweiz importieren ist doch allemal den Aufwand wert!

 

Es wird heiss!

küche
Die Küche… natürlich darf der Tiptopf nicht fehlen!;-)

Ich habe jetzt sogar einen Ofen! Von Moulinex (nee, keinen Mixer und die Frau, Yacht, Insel, Meer, Auto, Schloss und Rennpferd fehlen auch noch). Aber er funktioniert. Bisher habe ich noch nichts gebacken, nur Aufbackbrötchen. Das war immer ein Traum von mir. Wenn ich meine eigene Wohnung habe, gibt es am Morgen frische (Aufback)Brötchen! Zuerst war ich hin – und weg. Also wirklich total begeistert. Dann ist gestern etwas passiert, das die Freude ein wenig gedämpft hat. Irgendwie ist das Backpapier ein wenig nach hinten gerutscht und dann hat es angefangen zu brennen. Ich habe mich ganz schön erschrocken. Aber aus einem Reflex heraus, auf den ich im Nachhinein sogar stolz bin, habe ich sofort die Tür zugemacht. Dann hat das Feuer noch eine Weile weitergekokelt und ist irgendwann ausgegangen. Keine Ahnung, ich habe jetzt beschlossen mich davon nicht entmutigen zu lassen. Das passiert halt mal. Erinnert mich an das erste Mal, als ich das erste Mal in der Mikrowelle noch eingepackte Butter versucht habe weich zu machen. Was heisst ‹versucht habe›? Das war nachher flüssig, wie ihr euch vorstellen könnt. Trotzdem, wenn ihr in den nächsten Tagen die Homepage von Bordeaux besucht und auf der ersten Seite statt „Cet été: Bordeaux bouge!“ lest „C’était Eve: Bordeaux brûle!“ wisst ihr ja Bescheid.

So, jetzt wisst ihr wieder, was ich so getrieben habe. Wie ihr seht, geht es mir ausgezeichnet und ihr müsst euch keine Sorgen machen, auch wenn es sich vielleicht manchmal so liest. Es gibt sicher noch das eine oder andere, dass ich eigentlich mal noch erzählen wollte, und jetzt vergessen habe. Aber habt (keine) Angst! Die nächste Mail kommt bestimmt! Bis dahin macht’s gut!

Bisous,
Evil Lynn

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Kafka et la Mousse (e)au chocolat…

Un matin, au sortir d’un rêve agité, Grégoire Samsa s’éveilla transformé dans son lit en une véritable vermine.»

C’est la première phrase de la nouvelle «La métamorphose» de Franz Kafka, un écrivain allemand pour tous ceux qui ne le connaissent pas – et un excellent résumé du livre. Je trouve qu’il y a beaucoup des parallèles entre Kafka et moi. Par exemple, il n’a jamais reçu un prix Nobel non plus.

Dans mes mémoires à moi, la première phase sera : «Un matin, au sortir d’un rêve agité, Evil Lynn s’éveilla transformé dans son lit en une véritable folle.»

Je prétende qu’il y a beaucoup de vérité dans ce que je dis ou plutôt écris. Même si Kafka était un écrivain allemand majeur du dernier siècle et moi je viens de commencer mon petit blog cette année.

En ce moment je me trouve toujours dans une psychiatrie, mais dans une autre que celle de laquelle je parle dans cette histoire. Elle est gérée d’une façon très pro et je m’y sens bien. C’est important de vous le dire, je suis très heureuse que ce que j’avais vécu auparavant semble être une grande exception.

Ici je vous raconterais (au présent) comme je me sentais la première fois que je suis entrée dans une psychiatrie qui n’était malheureusement pas «bonne» pour moi. Peut-être elle est bonne pour d’autres personnes, mais moi avec les problèmes que j’ai, ce n’était pas le bon choix. Alors, suivez-moi dans ma tête, je vous raconte la petite histoire de comment j’ai réussi à faire une mousse eau chocolat dans la station fermée d’une psychiatrie.

 

Excentrique ou malade?

Hier j’étais encore maître de mon destin et considérée peut-être comme quelqu’un qui est un peu excentrique mais aujourd’hui je me suis réveillée dans une psychiatrie et je me rende compte que tout ce que dis ou fais est interprété comme si j’étais complètement tarée.

Je ne dis pas que je n’appartiens pas dans une psychiatrie. Bien au contraire. En fait je voulais venir ici (d’accord, c’est peut-être la première indice que je suis effectivement folle puisque qui a véritablement envie d’aller dans une psychiatrie en tant que patient? Le désir d’y aller montre probablement déjà qu’il y a un problème là quelque part…) afin de travailler sur moi-même, apprendre à mieux gérer mes problèmes et finalement m’en sortir mieux avec la vie. L’ironie est que depuis je suis là j’ai l’impression d’être plutôt bien dans ma tête mais que ce sont plutôt les autres qui sont complètement dingues.

Il y a un nom pour ce que je ressens: manie ou paranoïa. En fait il y a une diagnose pour tout. D’ailleurs il semble que c’est un peu comme la règle # 34 du net: Si ça existe, il y a du porno à ce sujet. Il n’y a pas d’exception. Adapté à ma situation: Si ça existe, il y a une maladie (mentale) à ce sujet. Il n’y a pas d’exception. Si je suis triste et pleure – je suis dépressif. Si je suis heureuse et je veux faire plein des trucs – je suis maniaque. Si je ne fais ni l’un ni l’autre – je suis apathique. Bref: Ce n’est pas très sympathique…

J’ai écrit que «les autres sont complètement dingues» et en effet j’avais peur quand je changeais de la Reha où je me suis bien habituée aux autres patients de venir dans une clinique psychiatrique où je serais entouré par des gens tout à fait fous qui se prennent pour Napoléon ou gueulent toute la journée ou portent des lunettes des toilettes en tant que chapeau sur la tête ou ce genre de chose qu’on voit dans les mauvais films. Heureusement ce n’est pas comme ça ici. J’ai l’impression que les autres patientes (il s’agit d’une clinique réservée exclusivement aux femmes) sont aussi «normales» que moi. Genre on a toutes un ou plusieurs problèmes mais on peut parler à tout le monde, s’échanger et jouer aux cartes.

Alors «les autres» dont j’ai parlé c’est le personnel. Les femmes soignantes / infirmières et les médecins.

Je ne suis que patiente et comment les autres sont traités ne me regarde pas du tout. Néanmoins j’ai du mal à m’empêcher quand je vois certaines choses où j’ai envie de me taper avec la main sur le front (quelqu’un m’a appris qu’en langue des jeunes ça s’appelle «face palm» aujourd’hui). Fort. Plusieurs fois. Par exemple quand j’entend qu’on dit aux patients dépressifs qu’ils devraient «juste essayer un peu plus d’être heureux et de voir les choses positivement». Ta gueule – si la personne était capable de faire ceci, elle ne se trouverait certainement PAS dans une station fermée d’une psychiatrie, n’est-ce pas? Vous voyez facilement: La folle qui se prend pour Napoléon et veut régner sur son petit peuple des loufouques, en fait c’est moi!

 

Je voudrais déjà être roi!

Je porteais souvent un bonnet rouge-blanc style Charlie qu’une infirmière très sympa de la Reha a façonné pour moi exprès. Le personnel de la psychiatrie par contre m’a dit que je devrais l’enlever. Je leur ai dit que s’ils m’enlèvent ce bonnet, je vais porter une couronne à la place. (J’en ai une cinquantaine du genre «gateaux des rois» et oui, je vais les utiliser si besoin, je n’ai plus aucun pudeur!) Je peux porter mon bonnet maintenant sauf pour les repas…

Alors pourquoi je me comporte comme un enfant? Parce qu’ils me traitent comme un enfant. Evidemment leur point de vue doit être complètement différent, à voir, l’envers. Celle-là se comporte comme un enfant – alors on va la traiter comme un enfant!

Et nous voilà : Une belle tragédie grecque. Sauf qu’elle ce passe en Suisse Alémanique. (Nous aussi on rigole des fois. Si on a le temps et l’argent pour. Jusqu’au moment ou quelqu’un pleure.) Ou justement un sentiment kafkaesque. Tout ce que j’écris c’est mon ressentiment. Ce n’est pas la vérité absolue. J’imagine si vous demanderiez au personnel, ils vous racontent une autre histoire. Ce que j’ai appris pendant mes étudies en histoire: c’est le gagnant qui écrit l’histoire. Et ce que j’ai appris ici: Si tu ne peux te faire entendre, comprendre ou gagner, tu peux toujours écrire un blog.

Fin ce que je voulais dire au début c’était que je suis dans une psychiatrie en tant que patiente et tout ce que je dis ou fais est interprétée de la façon: «cette femme est malade». Du coup au bout d’un moment je me comportais automatiquement comme si j’étais effectivement malade. Car même quand je faisais très attention et tout je n’arrivais pas à convaincre le personnel de me prendre pour une personne avec une maladie plutôt qu’une maladie avec un peu de personnalité. Comme le résultat était le même de toute façon, pourquoi se donner de la peine et s’embetter pour faire «bonne impression»si déjà on a le tampon de «folle» sur le front?

Les gens qui sont dans les hôpitaux psychiatriques parce qu’ils ont des problèmes, mais des fois on dira qu’ils ont perdu (avec leur raison ou une partie de laquelle) toute leur humanité aux yeux du personnel s’ils ne jouent pas selon leurs règles (des fois tout à fait absurdes). Ce gens sont faibles, puisque des fois ils y sont sans qu’ils veulent y être, contre leur gré, et s’ils essayent de se défendre il y a personne qui leur croit et leur prête l’oreille puisqu’il s’agit seulement des «pauvres cons». C’est tout à fait terrifiant de voir ça. J’avais la chance puisque j’avais ma famille qui était derrière moi pendant tout le procès et mes amis aussi. Mais pas tout le monde ait cette chance. Je dirais même que c’est plutôt rare.

J’ai un problème mentale, c’est pour ça que je sois là, je le reconnais. En même temps je ne suis pas complètement folle non plus. Il y a plein des choses où on peut me faire confiance.

Par exemple: Je sais très bien faire une mousse au chocolat. En fait c’était le premier dessert que je savais faire et que je faisais toute seule. Avec la recette du «Tipftopf», c’est LE livre de cuisine en Suisse Alémanique que tout le monde possède puisqu’on le reçoit à l’école. Presque tout le monde sait faire une mousse au chocolat d’une manière d’une autre, je veux dire les femmes et hommes de ménage autant que les pros.

Partant du Tiptopf jusqu’à Fréderic Bau et Hervé This

Evidemment il y a milles différentes recettes afin de faire une mousse au chocolat. Plus j’entrais dans le monde des «pros» plus je m’éloignais de la recette du «Tiptopf» (puisque dans cette recette on fond par exemple le chocolat avec de l’eau bouillante… Première leçon quand je suis entrée dans une chocolaterie de Mr. Bellrhona personnellement: «L’eau et la farine sont les ennemis jurés du chocolat! On ne les met JAMAIS, JAMAIS, JAMAIS ensemble!!» Du coup j’ai fait le tour des mousses au chocolat. Avec des blancs d’œuf, meringue italienne, meringue suisse, meringue française, sans blancs d’œuf, avec des jaunes d’œuf, avec une pâte à bombe… J’ai lu et relu ce que Fréderic Bau avait écrit dans son livre «Au cœur des Saveurs» au sujet du mousse au chocolat. Néanmoins il y a pas si longtemps j’avais lu qu›Hervé This (à la base un chimiste français, mais qui en plus est très passionnée de la cuisine et ses secrètes au niveau chimique et physique et explique cela dans des livres très intéressants et en plus marrants à lire) avait développé une mousse au chocolat avec deux ingrédients seulement: de l’eau et du chocolat.

Maintenant c’est contre l’intuition de tout chocolatier ou pâtissier qui connait son métier. Puisque comme j’avais déjà dit: La première leçon est toujours: NE JAMAIS METTRE DE L’EAU ET DU CHOCOLAT ENSEMBLE !

Pourquoi? Parce que le chocolat contient beaucoup de graisse de la part du beurre de cacao et l’eau ne se mélange justement pas bien avec la graisse. Pourquoi est-ce que ça marche quand même? Parce que dans la plus grande partie des chocolats qui sont vendus aujourd’hui il y a de lécithine (souvent du soja ou de tournesol) qui figure comme émulsifiant. Ainsi l’eau et le chocolat puissent se mélanger.

J’avais essayé cette recette trois ou quatre fois à la maison déjà et j’étais fasciné par sa facilité – et à chaque fois j’avais peur que ça ne marcherait peut-être pas car c’est quand même un peu comme de la magie. A chaque fois j’utilise le batteur et je suis là en train de penser : Mince… je suis sûre que je me raterais cette-fois ci! Une fois je m’étais effectivement ratée car je voulais voire si vraiment cette histoire de lécithine faisait la différence et j’utilisais un chocolat qui ne contenait que du masse de cacao, beurre de cacao et du sucre. Et effectivement ça n’a pas marché. La science peut être un plaisir – si on comprend le truc – et il y a du chocolat dedans!:-)

 

Viva las Vegans!

Retour à la maison qui rend fou. Il y avait une jeune femme qui était «vegan» et c’était son anniversaire. Du coup je lui ai dit que je connaissais une super recette d’une mousse au chocolat qu’elle pouvait manger sans problème. Je demandais au personnel si c’était possible car la recette était très facile à réaliser, on avait besoin de très peu des ingrédients et aussi peu des outils. Le personnel m’a dit qu’il fallait faire une demande officielle. Je me mettais devant l’ordinateur et en vingt minutes je l’avais fait.

La quantité, les ingrédients, les outils. J’avais même genre deux versions, une version «de luxe» (avec de la couverture exclusive de Bellrhona et un batteur électrique) et une version «station fermée» (genre avec du chocolat Quailler noir du supermarché et à la main).

Il semble que le personnel était étonné que j’arrivais à faire ceci en vingt minutes, même si ça n’aurait pas dû leur sembler tellement bizarre comme, à part d’avoir toujours bien aimé faire les desserts à la maison, j’avais quand même fait l’Ecole Hôtelière et travaillé comme stagiaire dans plusieurs chocolateries-pâtisseries et même à la Petite Université du Chocolat pendant un an. Néanmoins – comme j’étais entrée en psychiatrie station fermée il semblait que j’étais tout d’un coup dépourvue de tout sens, de tout passé, de toute connaissance que j’aurais pu avoir normalement.

Du coup au début ils ne savaient pas trop quoi en faire. J’avais ma demande, elle était formulée par écrit dans un document, même assez solidement «beau» à regarder et le titre était «Veganes Schoggimousse» (mousse au chocolat vegan).

Je l’envoyais à l’adresse e-mail qu’ils me donnaient. Ca leur a pris quatre fois afin de me donner la bonne adresse e-mail déjà. On dirait qu’ils ont fait exprès pour m’en empêcher. J’imagine si je n’avais pas été un peu «maniaque» je n’aurais jamais réussi car j’aurais abandonnée – bien trop frustrée pour ce genre de jeu – bien avant.

Puis ça durait genre deux semaines pour obtenir la permission… puisque il fallait que quelqu’un me surveillait afin d’éviter que je tue quelqu’un (ou plutôt moi-même) avec la spatule ou le fouet ou quelque chose comme ça. Je n’ai pas trop compris les raisons d’excitation du personnel car c’était assez simple comme recette et les possibilités de se faire mal étaient aussi limités que même moi avec beaucoup de fantaisie je n’arrivais pas à imaginer comment me blesser – ou autrui.

L’anniversaire de la jeune femme avait évidemment déjà passé il y a un moment… Néanmoins on voulait toujours faire cette mousse.

Puis il semblait que que le chef de cuisine l’avait interdit puisqu’il ne possedait pas du chocolat noir vegan dans la maison (qui se dit «4 étoile» au niveau de la cuisine). J’avais essayé de convaincre l’infirmière que je suis quasiment sûre qu’il possède du chocolat noir vegan puisque quasiment tout chocolat noir professionnel (qui mérite son nom au moins) est automatiquement vegan.

«Non! A cause du beurre!»

J’essayais de ne pas m’énerver parce que comment pouvait cette femme le savoir? Moi je ne le savais pas avant que j’ai commencé à m’intéresser beaucoup à cette matière… néanmoins je commençais à perdre ma patience…: «Madame… le beurre dans un bon chocolat noir n’est pas du beurre laitier. C’est du beurre de cacao. Et le beurre de cacao est vegan.»

«Mais ce n’est pas écrit sur l’emballage! Et ça coûterais trop cher d’en acheter exprès…»

«Madame! Ce n’est pas écrit sur l’emballage PARCE QUE C’EST LOGIQUE! C’est comme si vous écriviez sur le beurre laitier qu’il contient du lait.» (En fait je crois ça doit se faire maintenant, gare aux allergies et tout… ce disant, c’est moi ou le monde qui est fou?)

Bon bref… c’est difficile parce que des fois vous savez des choses mais il y a personne qui vous croit parce que vous êtes officiellement folle! Ca rende effectivement dingue!

Ca durait encore une semaine de plus et une fois la femme qui était vegan entendait à quel point le chef de cuisine et une des infirmières rigolaient de nous sur le balcon puisqu’on était vraiment «complètement folle» parce que ça ne pouvait «jamais marcher»!

Là, ce n’est pas bon! Là je me fâche! Parce que ça intriguait beaucoup cette jeune femme et je n’ai pas supporté leur rigolade sur quelqu’un qui se trouve dans une position plus faible. J’ai toujours eu un sens très aigué de ce qui est «juste» et ce qui n’est justement «injuste»!

Maintenant il ne s’agissait plus de faire juste une mousse au chocolat, maintenant il s’agissait d’une guerre de volonté et de force! Evidemment ils étaient plus forts dans leur position (collaborateurs de la clinique vis-à-vis des patientes mentalement handicappées de la clinique), mais moi je n’avais rien d’autre à faire toute la journée que de vouloir faire une mousse au chocolat. Il ne faut jamais énerver une folle qui n’a rien d’autre à faire que suivre son plan ET en même temps vous embetter…

Alors je luttais pour «ma mousse au chocolat» comme Obelix luttait contre César (J’aimerais bien dire que je suis malin et Asterix… Néanmoins ce n’est pas que je suis gros! C’est juste tout le métal dans mon corps…. Et je suis tombée dans la marmite quand j’étais petite!). J’ai dit que je voulais bien parler avec le Chef de Cuisine afin de lui expliquer pourquoi ça marcherait quand même. (Comme dit plus en haut, c’est logique que la première réaction est de ne pas le croire. Puisque c’est contre tout logique en cuisine qu’on a appris auparavant. Néanmoins je trouve un «bon» Chef de Cuisine ou cuisinier tout simple sera émerveillé d’apprendre quelque chose nouveau – en plus ça va vite, est simple à réaliser et répond à des nouveaux attentes: c’est vegan.) Il ne voulait jamais monter et me parler.

Une fois un cuisinier est venu en haut chez nous dans la station fermée. Il était très sympa, intéressé et comprenait le truc en deux secondes. Il était noir mais parlait parfaitement le Suisse-Allemand. Je pensais que peut-être lui aussi avait l’habitude de ne pas être pris pour 100% dans une Suisse qui est de plus en plus UDC… Je ne sais pas s’il a fait un sorte qu’on recevait feu vert, puisque après une bataille sanglante de plus de trois semaines j’avais finalement le droit de faire ce fameux mousse au chocolat.

L’ironie était que dans le chocolat utilisé par la maison dans lequel je me trouvais il y avait en effet du beurre clarifié dans le chocolat noir du «Bistrot»(pfft… encore une fois… c’est quoi comme chocolat?!) du coup ce n’était pas comme j’avais promis «vegan» et «sans lactose».

A la fin on en a fait deux versions, une avec le truc terrifiant de «Bistrot» et l’autre avec du Quailler noir (qui est vegan). Puisque c’est tellement vite… fin, pour en finir moi j’étais plus ou moins assise puisque j’ai du mal à rester debout trop longtemps et j’ai dit aux autres femmes  «folles» qu’est-ce qu’il fallait faire. Et elles l’ont toutes mangées! (Même ceux qui y étaient parce qu’elles avaient des troubles genre anorexiques.)

Je crois maintenant je suis prête à reprendre une grande cuisine en tant que cheffe comme je suis Moef et j’ai un Bocul d’or et tout. Sauf que je ne peux pas vraiment marcher. Peu importe. Je serais au bureau toute la journée. Comme un «vrai» chef.

Bon, de toute façon, j’ai réussi à faire une mousse au chocolat dans la station fermée de la psychiatrie. Je crois je n’en ai jamais fait une qui était aussi longue à faire et compliquée et je crois je n’étais jamais plus fière d’une préparation culinaire que j’ai fait dans ma vie.

 

 

Recette Mousse (E)Au Chocolat                                          

Ingrédients (pour 3 – 4 portions)

  • 200g Couverture Noir (Chocolat Noir, tu peux utiliser p.ex. Cailler Noir)

(La Couverture doit impérativement contenir du LECITHINE! Il ne faut pas s’inquiéter puisque la majorité du chocolat en grande surface contient de lécithine (normalement lécithine du soja ou tournesol).)

  • 200g d‘Eau
  • 1kg des Glaçons (ou un truc congélé comme des petit-pois ; c’est juste nécessaire pour rapidement refroidir la masse)

Matériel Nécessaire

  • Balance
  • Batteur / Mixeur
  • Poêle
  • Bol
  • Spatule

Préparation

  1. Chauffer l’eau (Max. 50 – 60°C) et le verser sur la couverture (hachée en morceaux). Bien mélanger jusqu’au moment où c’est homogène.
  2. Immédiatement mettre le bol sur les glaçons et fouetter ce mélange avec le batteur comme si tu voulais faire de la chantilly pendant environ 10 minutes.

 

Petite Astuce N°1 : Il faut faire un peu attention puisque ça gicle beaucoup au début et tu risques d’avoir des traces brunes partout dans ta cuisine. Du coup je propose de mettre les glaçons dans le lavabo et le bol là-dessus, ainsi (comme c’est un peu en bas du reste du plan de travail) ça restera un peu plus propre.

Petite Astuce N°2 : Ne te laisse pas décourager ! Quand tu fouettes ça dure énormément de temps jusqu’au moment où il se passe quelque chose et le mélange commence à épaissir. Mais ça marche. Je te le garantis. Il faut juste être patient. En fait c’est un peu comme un petit miracle à chaque coup !:-)

 

 

 

 

 

 

 

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